Un exceptionnel daguerréotype des collections du musée des Arts et Métiers prêté au musée d’Orsay.

L’un des daguerréotypes les plus mystérieux de Louis Jacques Mandé Daguerre (1787-1851), conservé par le musée des Arts et Métiers, figure en bonne place dans l’exposition consacrée à Joseph Philibert Girault de Prangey (1804-1892) qui se tient actuellement au Musée d’Orsay.
© Musée des arts et métiers-Cnam/photo Pascal Faligot
Joseph Philibert Girault de Prangey est l’un des pionniers de la daguerréotypie. Sa condition sociale et sa fortune lui permettent de se former à la pratique de la daguerréotypie, auprès de Daguerre, et de concilier un goût immodéré pour l’art et les voyages. Sa maîtrise du procédé photographique et l’ampleur de son œuvre - un millier de plaques ont été à ce jour répertoriées - le place parmi les plus grands praticiens de son siècle ; tandis que ses daguerréotypes et ses vues sur papier constituent de précieuses archives pour l’histoire du bassin méditerranéen.
 
 
© Musée des arts et métiers-Cnam/photo Pascal Faligot

Le daguerréotype, issu des collections musée des Arts et Métiers prêté pour l’exposition, a été réalisé entre 1836 et 1839 par Daguerre et Mathurin Joseph Fordos (1816-1878), probablement depuis l’atelier de l’opticien Noël Marie Paymal Lerebours (1807-1873), à Paris. On distingue sur la plaque l’Institut et le Louvre, à Paris, ainsi qu’un personnage, photographié à son insu, adossé à la grille entourant le socle de la statue d’Henri IV.
 
Ce daguerréotype est accompagné d’une lettre manuscrite, datée du 1er février 1879 et signée d’un certain Fernand Langlé, qui atteste avoir reçu l’objet des mains de la veuve de Mathurin Joseph Fordos. La lettre indique qu’il s’agit du « premier essai de daguerréotypie tenté en plein air », replaçant ainsi cette œuvre magistrale parmi les incunables de l’histoire de la photographie.
 
Mathurin Joseph Fordos mena avec Amédée Gélis (1815-1882) des travaux sur le procédé de virage à l’or des daguerréotypes. Ils présentèrent en 1843 leurs recherches à l’Académie des sciences, à Paris, et mettaient sous les yeux des savants « des épreuves faites chez M. Lerebours et fixées au moyen de la dissolution de cet hyposulfite d’or ». Ces recherches permirent une élimination notable de l'effet de miroitage de l'argent propre aux épreuves daguerriennes.