Pourquoi y-a-t-il un sarcophage au musée ?

Pourquoi peut-on voir un sarcophage au milieu des collections scientifiques et techniques du musée des Arts et Métiers ? Nous avons enquêté.
© Musée des arts et métiers-Cnam/photo Pascal Faligot
Le projet de rénovation du musée, conduit entre 1992 et 2000, prévoyait un nouvel aménagement de l’ancienne église prieurale de Saint-Martin-des-Champs, afin de mieux mettre en scène les collections tout en faisant de cet espace un véritable « lieu d’émerveillement ».

Des fouilles préventives sont ainsi organisées avant d’entamer les travaux.  Elles doivent permettre de sonder le sols et de vérifier qu’aucun vestige archéologique ne soit endommagé par de nouvelles fondations.

Une équipe d’archéologues dirigée par Catherine Brut commence donc à creuser au mois d’août 1993. Une série de tombeaux est ainsi mise au jour. Les plus récents datent, selon les couches, des XVIe et XVe siècles, mais l’équipe découvre également, plus profondément enfouies, des sépultures de l’époque mérovingienne (Ve-VIIIe siècles).
 
© Musée des arts et métiers-Cnam/photo Pascal Faligot

Ces fouilles ont révélé de précieux témoignages qui nous permettent de mieux connaître l’histoire de Saint-Martin-des-Champs. Si quelques sources écrites évoquent cet édifice « au-delà des portes de Lutèce », les pièces archéologiques révélées lors de ces fouilles ont permis de préciser la localisation du bâtiment et de mieux comprendre son organisation. Les différentes strates identifiées ont révélé les phases successives de construction de l’église.

Les différents types de décors moulés des sarcophages en plâtre ont permis aux archéologues d’analyser l’organisation du site. La disposition des sépultures reflète les hiérarchies sociales, et l’on trouve ici pour l’essentiel des tombeaux appartenant à des classes sociales élevées.

Le site a été minutieusement étudié et documenté. Toutefois, il aurait été difficile de le rendre lisible et compréhensible pour les visiteurs, et l’ensemble a donc été enfoui.
Pour en savoir plus sur : 
La Deuxième Fille de Cluny. Grandeurs et misères de Saint-Martin-des-Champs (Glénat / Le Cnam, 2012), Alain Mercier
En vente à la boutique du musée