Planétaire d'après Copernic

Le musée des Arts et Métiers conserve un planétaire d'après Copernic datant de 1773, qui est actuellement présenté dans l'exposition Sigmund Feud. Du regard à l'écoute  au Musée d’art et d’histoire du judaïsme (10 octobre 2018 – 10 février 2019). Cet instrument révèle en effet l'intérêt profond de Freud pour la révolution darwinienne, qu'il a comparé à celle introduite par Nicolas Copernic dans la cosmologie.
Planétaire d'après Copernic © Musée des Arts et Métiers-Cnam/Pascal Faligot

Un planétaire est un instrument offrant une représentation de tout ou partie du système solaire. Celui-ci est monté sur un socle en bois supportant, par quatre bras, une couronne horizontale figurant le zodiaque et le calendrier. Une sphère de laiton représente le Soleil, placé au centre de l’appareil. Un mécanisme mu par une petite poignée permet de faire tourner la Terre, facilement reconnaissable, ainsi que Mercure, Vénus, Mars, Jupiter et Saturne, représentées par des disques en carton. Le délicat décor en « vernis martin » noir rehaussé de motifs végétaux souligne la facture précieuse de cet instrument, qui ornait certainement le cabinet de physique d’un riche érudit ou d’un amateur éclairé à la fin du XVIIIe siècle.

Imprimée dans un cartel sur le globe terrestre, au niveau de l’océan Pacifique sud, l’inscription « A / Paris, / chez le Sr / Fortin, / ruë de la / Harpe / 1773. » permet de dater précisément la fabrication de l’objet ainsi que sa provenance. Il s’agit ainsi d’un instrument exécuté par l’horloger Nicolas Fortin (1750-1831), fondateur à Paris d’un atelier spécialisé dans la confection de globes et de « mécaniques célestes ».

Également qualifié de « sphère mouvante » de Copernic, ce planétaire rappelle l’importance de l’héliocentrisme, théorie qui a pris un essor considérable à l’appui des travaux de Nicolas Copernic (1473-1543). Celui-ci, reprenant les écrits de certains philosophes et astronomes grecs, propose une organisation du cosmos rompant avec la théorie jusqu’alors en vigueur : pour Copernic, la Terre n’est plus immobile au centre de l’univers, tous les astres tournant autour d’elle ; au contraire, le Soleil est au centre de l’univers, la Terre étant l’un des corps tournant autour de ce point fixe. Remettant indirectement en cause certaines croyances religieuses, ce nouveau modèle, d’abord fermement combattu, est progressivement adopté aux XVIIe et XVIIIe siècles.

À partir du 10 octobre 2018, ce planétaire sera présenté dans l’exposition Sigmund Feud. De l’image à la parole, organisée par le Musée d’art et d’histoire du judaïsme et confiée à Jean Clair. Freud, évoquant « l’attrait puissant » que le darwinisme a exercé sur lui comme « promesse de compréhension du monde », a très tôt confronté les thèmes posés par la révolution darwinienne qu’il a comparée à celle introduite par Nicolas Copernic dans la cosmologie.
 
Sigmund Feud. De regard à l'écoute
du 10 octobre 2018 – 10 février 2019
au Musée d’art et d’histoire du judaïsme
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