Paris flotte-t-il ? Un voyage onirique dans les entrailles de Paris

L’installation Paris flotte-t-il ?  invite à un voyage virtuel onirique dans les sous-sols parisiens du Conservatoire national des arts et métiers et de ses environs. Entre fiction et investigation, cette installation vidéo a été imaginée par Anaïs Tondeur, artiste, et Germain Meulemans, anthropologue, à partir des récits et légendes recueillis sur l’histoire des lieux. Présentée du mardi 26 mars au dimanche 23 juin 2019, elle est le fruit d’une enquête réalisée lors de leur résidence d’artistes au musée des Arts et Métiers.

Paris flotte-t-il ?
© Anaïs Tondeur, 2019

Installée dans la tour de la chapelle de l’ancienne église Saint-Martin‑des‑Champs, Paris flotte-t-il ? crée l’illusion d’une plongée sous terre. En ces lieux chargés d’histoire, l’eau s’obstine à s‘infiltrer entre les pierres du dallage. Un sourcier tente de lever le mystère en recherchant une source ou les traces d’une rivière souterraine. Depuis un promontoire évoquant un autel, une dalle ouverte offre une vue plongeante sur un effondrement dans le sol. En suivant les pérégrinations du personnage, le visiteur est aspiré dans les profondeurs sous le musée et le Cnam jusqu’aux anciennes « sources du Nord », à Ménilmontant, qui alimentaient jadis le prieuré Saint-Martin-des-Champs. Par ce dispositif immersif d’une durée d’une quinzaine de minutes projeté sur les murs et le sol, le visiteur est convié à une expérience sensorielle et cognitive dans un Paris révélé en cité lacustre bâtie sur pilotis.

Anaïs Tondeur et Germain Meulemans ont mené une enquête in situ, de novembre 2017 à janvier 2018, interrogeant l’apparente « solidité » des sols en ville. Dans les réserves du musée, ils ont découvert des objets liés à l’histoire de l’occupation des sous-sols : des plans, des maquettes de réseaux de câbles souterrains et d’égouts. Ils ont aussi rencontré des chercheurs du Cnam, spécialistes de la géotechnique, cette discipline « invisible » sans laquelle il n’y aurait pas de construction. Ils ont visité les sous-sols, construits sous la nappe phréatique, où des stations de pompage relèvent les eaux en cas d’inondation, et le puits situé sous le parvis du musée. En suivant la piste de l’existence hypothétique de ruisseaux souterrains irriguant le quartier Arts et Métiers, l’artiste et l’anthropologue ont ensuite exploré les voies souterraines de Paris avec les membres de l’Inspection générale des carrières et rencontré les puisatiers mineurs qui consolident les sous-sols. Leur périple s’est achevé au regard de la Lanterne où l’on peut encore voir les vestiges de la rivière et de l’aqueduc de Belleville qui fournissait l’eau au prieuré.

À la croisée entre l’art, l’anthropologie et l’histoire des techniques, le processus créatif de cette installation s’est nourrit des échanges avec les personnes rencontrées, le lieu lui-même ayant fourni le matériau de la mise en fiction. Paris flotte-t-il ? s’inscrit dans la continuité du travail de l’artiste et de l’anthropologue, dont la réflexion s’articule autour de notre relation au sol en milieu urbain. En 2015, ils ont ensemble inventé un protocole d’enquête sur les traces de l’odeur du sol après la pluie, connu sous le nom de Pétrichor, présenté au Centre Pompidou et lors de la Nuit blanche 2016. En 2017, ils ont réalisé Nous hantons les lisières, une installation évoquant la disparition des marais et des champs face à l’urbanisation du plateau de Saclay. Pour leur troisième collaboration, ils ont choisi de descendre dans les profondeurs du sol. Paris flotte-t-il ? a été imaginé comme un périscope inversé, inspiré de celui décrit dans le roman d’Umberto Eco, Le Pendule de Foucault, dont l’histoire se déroule au musée des Arts et Métiers. Au début de l’intrigue, le personnage principal du roman se cache dans le périscope qui était l’un des points d’attraction du musée avant sa rénovation. Aucune archive de ce dispositif ne subsiste : entre légende et souvenir, a-t-il réellement existé ?

Les artistes

Vue de l’enquête, Paris flotte-t-il ?
Anaïs Tondeur et Germain Meulemans
au regard de la Lanterne, janvier 2019 
 

© Emmanuel Dumont

Anaïs Tondeur, artiste chercheuse, est diplômée du Central Saint Martins College of Art and Design et du Royal College of Arts (Londres). Sa pratique artistique se forme au point de rencontre entre les disciplines. Liant les sciences naturelles et l’anthropologie, la fabrication de mythes et les nouveaux médias, elle crée des récits spéculatifs par lesquels elle expérimente d’autres conditions d’être-au-monde. 
Germain Meulemans est postdoctorant en anthropologie au Centre Alexandre Koyré (EHESS/CNRS/MNHN). Il s’intéresse aux environnements anthropisés et aux implications épistémologiques et méthodologiques que leur étude amène en sciences naturelles et en sciences sociales. Ses recherches actuelles portent sur les sols urbains, un thème qui fait aujourd’hui l’objet d’un intérêt nouveau dans les mondes de la science des sols et de l’aménagement urbain. 

Autour de l’exposition

Un livret de présentation de Paris flotte-t-il ?, avec un texte inédit de Tim Ingold, anthropologue à l’université d’Aberdeen, sera mis gratuitement à disposition des visiteurs.


Visite de presse : lundi 25 mars 2019 de 10 heures à 12 heures, en présence des artistes.

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Publié le 20/02/2019
Affiche Paris flotte-t-il ?
Techniques mixtes © Anaïs Tondeur 2019 / Conception graphique : Eva Dalg
Publié le 22/02/2019
Anaïs Tondeur et Germain Meulemans au regard de la Lanterne, janvier 2019 

© Emmanuel Dumont

Publié le 22/02/2019
Réserves du musée des Arts et Métiers - Maquette du réseau des égouts parisiens
© Anaïs Tondeur et Germain Meulemans, 2018
Publié le 22/02/2019
Réserves du musée des Arts et Métiers - Maquette du réseau des égouts parisiens
© Anaïs Tondeur et Germain Meulemans, 2018
Publié le 22/02/2019
Réserves du musée des Arts et Métiers - Maquette du réseau des égouts parisiens
© Anaïs Tondeur et Germain Meulemans, 2018
Publié le 22/02/2019
Réserves du musée des Arts et Métiers - Plan hydrographique de la ville de Paris, Buache
© Anaïs Tondeur et Germain Meulemans, 2018
Publié le 22/02/2019
Laboratoire de géohydrologie, Cnam
© Anaïs Tondeur et Germain Meulemans, 2018
Publié le 22/02/2019
Sous-sol du Cnam - Pompe de rabattement de nappes
© Anaïs Tondeur et Germain Meulemans, 2019
Publié le 22/02/2019
Sous le parvis du musée des Arts et Métiers
© Anaïs Tondeur et Germain Meulemans, 2018
Publié le 22/02/2019
Sous le parvis du musée des Arts et Métiers
© Anaïs Tondeur et Germain Meulemans, 2018
Publié le 22/02/2019
Carrière de la Brasserie
© Anaïs Tondeur et Germain Meulemans, 2018
Publié le 22/02/2019
Sources du Nord
© Anaïs Tondeur et Germain Meulemans, 2019
Publié le 22/02/2019
Vue de l'installation Paris flotte-t-il ?

© Anaïs Tondeur et Germain Meulemans, 2019

Publié le 22/02/2019
Vue de l'installation Paris flotte-t-il ?

© Anaïs Tondeur et Germain Meulemans, 2019

Publié le 22/02/2019
Vue de l'installation Paris flotte-t-il ?
© Anaïs Tondeur et Germain Meulemans, 2019
Publié le 22/02/2019
Vue de l'installation Paris flotte-t-il ?

© Anaïs Tondeur et Germain Meulemans, 2019

Publié le 22/02/2019
Vue de l'installation Paris flotte-t-il ?
© Anaïs Tondeur et Germain Meulemans, 2019
Publié le 22/02/2019
Vue de l'installation Paris flotte-t-il ?

© Anaïs Tondeur et Germain Meulemans, 2019

Publié le 22/02/2019
Vue de l'installation Paris flotte-t-il ?

© Anaïs Tondeur et Germain Meulemans, 2019

Publié le 22/02/2019
Vue de l'installation Paris flotte-t-il ?
© Anaïs Tondeur et Germain Meulemans, 2019
Publié le 22/02/2019
Vue de l'installation Paris flotte-t-il ?
© Anaïs Tondeur et Germain Meulemans, 2019
Publié le 22/02/2019
Vue de l'installation Paris flotte-t-il ?
© Anaïs Tondeur et Germain Meulemans, 2019