Objet à la une : Pompe solaire Sofretes

Le musée des Arts et Métiers accueille dans sa collection Énergie une pompe solaire de la Sofretes (Société française d’études thermiques et de l’énergie solaire), datant de 1974, qui en son temps promettait ambitieusement « de l’eau… sous le soleil ! ».

En 1974, un dépliant affichait un slogan promettant « de l’eau… sous le soleil ! » Il s’agissait alors de promouvoir une pompe solaire d’un nouveau genre, conçue par Jean-Pierre Girardier (1934-2017). Docteur en physique de l’Université de Dakar, J.-P. Girardier a été un pionnier de l’énergie solaire thermique en Afrique. En 1973, il fonde la Sofretes (Société française d’études thermiques et de l’énergie solaire), entreprise d’économie mixte et de coopération scientifique constituée par les Établissements Pierre Mengin (constructeurs de pompes), l’Agence nationale de valorisation de la recherche et la Société française pour le financement de l’innovation.

Le principe technique de cette pompe solaire repose sur un cycle thermodynamique. Le moteur de la pompe est pourvu d’un circuit d’eau fermé, dont le fluide est réchauffé dans un bouilleur à l’aide de la chaleur captée depuis une surface plane et foncée. Ce fluide passe ensuite dans un petit moteur à expansion puis dans un condenseur dans lequel circule l’eau pompée depuis le puits. Le fluide du circuit fermé, ainsi refroidi, est alors réinjecté vers le bouilleur où il sera à nouveau chauffé pour un nouveau cycle. En exploitant la différence de température d’une source chaude (l’eau du circuit interne chauffée par le soleil) et d’une source froide (l’eau du puits), on établit un cycle analogue (mais inversé) à celui qui s’opère dans un réfrigérateur. Ce principe de fonctionnement, qui ne requiert ni électricité ni moteur à combustion, s’avère spécialement adapté aux zones désertiques, d’autant plus que la pompe, robuste, ne réclame qu’une maintenance limitée.
 

La pompe solaire pouvait aussi bien alimenter des villages en eau potable que des exploitations agricoles voire des complexes touristiques. Jusqu’à sa disparition en 1983, la Sofretes a ainsi construit plus de quatre-vingt-dix installations solaires thermodynamiques, en Afrique, au Mexique ou encore au Proche-Orient. La plupart d’entre elles ont aujourd’hui disparu, faute d’entretien ou concurrencées par les groupes électrogènes. Pourtant, par la simplicité de leur fonctionnement ingénieux et l’exploitation de l’énergie solaire thermique, elles pourraient offrir des solutions pertinentes faisant écho aux enjeux environnementaux et climatiques auxquels nous sommes aujourd’hui confrontés.

En cette année 2018, l’association Pheso (promotion et histoire de l’énergie solaire) a fait construire un modèle réduit d’une pompe solaire Sofretes. S’appuyant notamment sur les témoignages et les archives de Jean-Pierre Girardier, cette opération vise autant à perpétrer la mémoire des travaux et recherches conduits au sein de la Sofretes que de rappeler l’existence de solutions techniques parfois mises de côté.

L’association Pheso mettra cette maquette en dépôt au Musée des Arts et Métiers à partir du 13 décembre prochain. Elle sera désormais visible dans les espaces du domaine de l’énergie, où elle s’inscrira dans la continuité du modèle du four solaire d’Augustin Mouchot et Abel Pifre, objet emblématique des collections de la filière énergétique solaire.


Conférence-débat jeudi 13 décembre de 14h30 à 17h30 : Une histoire énergétique pour demain. L’entrée de la Sofretes (1973-1983) et de l’énergie solaire au musée des Arts et Métiers,  suivie de l'inauguration de la maquette Sofretes.

Pour en savoir plus : http://afrisol.hypotheses.org