Modèle de four à pots, type Boétius

Le musée des Arts et Métiers prête une large série d’objets de ses collections patrimoniales et documentaires à l’occasion de l’exposition L’Envers du verre au musée de la Vie textile et de la Vie sociale de Fourmies (Écomusée de l’Avesnois, Nord).
 
© Musée des Arts et Métiers-Cnam/photo Michèle Favareille
L’Écomusée de l’Avesnois propose, avec l’exposition L’Envers du verre, de percer les secrets de fabrication de ce matériau. Outre un ensemble de produits allant du brocard en fil de verre et soie à la fibre optique contemporaine, le musée des Arts et Métiers prête, à cette occasion, de nombreux catalogues et brochures de fabricants ainsi qu’un très intéressant modèle de four Boétius. Ce modèle au 1/10, exécuté par le constructeur parisien Jules Digeon (1844-1901), est entièrement démontable et muni de nombreux accessoires. Il illustre un four à pots typique des gobeleteries ou cristalleries permettant le travail « discontinu » du verre : lorsque le verre a été entièrement tiré du pot, celui-ci doit être rechargé. Le four à pot se distingue ainsi des fours à bassins, qui permettent le travail « en continu » et se diffuseront dans les grandes verreries à vitres ou à bouteilles à la fin du XIXe siècle.

Mis au point en Allemagne dans les années 1865-1870 par un ancien ingénieur de Siemens, le four Boétius est un intermédiaire entre le four traditionnel à chauffage direct et les fours à récupération et à gaz de gazogène, type Siemens. Il est équipé d’un gazogène qui produit un gaz combustible à partir de charbon. Le modèle représente une amélioration du chauffage brevetée par l’ingénieur centralien Léon Appert (1837-1925) en 1885 : une meilleure récupération de la chaleur du gazogène permet en effet d’augmenter la température de l’air devant servir à la combustion des gaz dans le laboratoire du four (partie où l’on chauffe un produit à l’intérieur d’un four). Dans son ouvrage, La Verrerie depuis 20 ans publié en 1894, Léon Appert estime que ce dispositif permet une économie de combustible de l’ordre de 10 à 15 %.

L’Écomusée de l’Avesnois s’organise sur deux sites : si l’ancienne filature de Fourmies abrite le musée du Textile et de la Vie sociale, un deuxième site, à Trélon, est dédié au patrimoine verrier. La halle de l’ancienne verrerie Parrant abrite deux fours à pots, dont un Boétius de 1894 et un four Stein de 1925. Actuellement inaccessibles, ces installations seront visitables grâce à un dispositif de réalité augmentée permettant de détailler l’architecture spécifique des fours, notamment les récupérateurs, les conduites et les gazogènes, enfouis sous la halle, sous les pieds des souffleurs de verre ou des visiteurs d’aujourd’hui.