Le Scaphandre de Joseph Cabirol

Présentation exceptionnelle dans l’exposition Les Brevets d’invention et le monde de la plongée, à l’Institut national de la propriété industrielle.

Scaphandre de Joseph Cabirol, 1855-1859. Inv. 08302.
© Musée des arts et métiers-Cnam/photo Michèle Favareille

Que ce soit pour établir les fondations d’un pont dans le lit d’un fleuve, chercher des trésors dans des épaves englouties ou tout simplement étendre son emprise sur des lieux qui lui étaient jusque-là inaccessibles, l’homme a cherché depuis l’Antiquité à descendre sous la surface de l’eau. Que l’on songe aux cloches de plongée dont Alexandre le Grand aurait pu se servir au IVe siècle av. J.-C., ou bien aux recherches – sans doute restées sur la papier – de Léonard de Vinci, qui imagina au XVe siècle un dispositif comprenant un masque et un tuyau conduisant l’air jusqu’au plongeur. Car les principaux problèmes à résoudre pour évoluer sous l’eau sont de garantir un approvisionnement constant en oxygène au plongeur, et de s’assurer de la parfaite étanchéité de son vêtement. Après les nombreux progrès enregistrés au siècle des Lumières, et notamment la mise au point du scaphandre à casque par Pierre Rémy de Beaune vers 1715, c’est bien au milieu du XIXe siècle que s’opère un tournant décisif, avec le scaphandre de Joseph Cabirol (1799-1874).

Fabricant de caoutchouc à Paris, Cabirol commercialise des costumes et accessoires pour plongeurs. En 1855, il prend un brevet pour un scaphandre qu’il présente à l’Exposition universelle de Paris. Son scaphandre comprend un casque en cuivre étamé pourvu de quatre hublots en verre protégés par des grilles, et une pèlerine métallique sur laquelle prend place un vêtement en caoutchouc et en toile. Les démonstrations que Cabirol proposent fascinent le public : afin de démontrer qu’il s’agit d’un équipement maniable et fiable, Cabirol envoie un forçat à plus que 40 mètres de profondeur.

À bon droit, le scaphandre de Cabirol est considéré comme une pièce majeure de l’histoire de l’exploration des fonds marins. L’objet frappe par la modernité de sa conception, et l’on ne peut s’empêcher de penser à l’œuvre de Jules Verne, Vingt mille lieues sous les mers, en le considérant. D’ailleurs, le « Cabirol » était une des pièces maîtresse de l’exposition Jules Verne, le roman de la mer, au musée national de la Marine en 2005. Objet unique et fragile, le scaphandre ne peut être exposé dans le parcours de visite du musée pour des raisons de conservation. Sa présentation exceptionnelle dans l’exposition Les Brevets d’invention et le monde de la plongée, à l’Institut national de la propriété industrielle, sera l’occasion de (re)découvrir cet objet, mis en perspective avec le brevet correspondant.

Les Brevets d’invention et le monde de la plongée
Institut national de la propriété industrielle
15, rue des Minimes
Courbevoie
http://www.inpi.fr
À découvrir du 31 mars au 30 avril 2014