Histoire de l'informatique et du numérique (2016-2017)

Colloques et séminaires
Saison 2016/2017
Amphi Abbé Grégoire
Construit à la fin des années 1840, cet amphithéâtre du Conservatoire accueille aujourd’hui des cours, conférences et colloques.

Accès par le 292 rue Saint-Martin, 75003, Paris
Séances gratuites et ouvertes à tous, dans la limite des places disponibles et sur simple inscription auprès de : isabelle.astic@cnam.fr

Le séminaire Histoire de l'informatique et du numérique a pour objectif de faire connaître cette histoire mais aussi d'en conserver la mémoire. Il est organisé par François Anceau, ancien professeur du Cnam, Chaire de techniques fondamentales de l'informatique, Pierre-Eric Mounier-Kuhn, historien, CNRS, université Paris- Sorbonne et Isabelle Astic, responsable des collections informatique et réseaux au Musée des arts et métiers.

• Jeudi 15 septembre 2016 de 14h30 à 17h : Projet RIO, l'Afrique et l'internet

L'objectif du projet RIO était de donner les mêmes moyens technologiques aux pays Sub-saharien qu'à ceux du Nord. Il nous expliquera comment ces pays d'Afrique ont été interconnectés entre eux avant d'être connectés directement à l'Internet dès les premières heures de celui-ci, passant d'une structure gérée par la France à leur propre structure nationale et autonome. Il montrera l'importance de la communauté Unix et des réseaux ouverts dans l'expansion de l'internet.

Pascal Renaud est ancien chercheur à l'Institut de recherche pour le développement (IRD). Il est aujourd'hui associé au Centre de recherche et d'études avancées de l'Institut polytechnique (Cinvestav, Mexique).
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• Jeudi 13 octobre 2016, de 14h30 à 17h : Histoire de la calculette 4 opérations

Alain Guyot nous présentera les différentes étapes de la dématérialisation de la calculette 4 opérations. Il se penchera sur les algorithmes de 4 calculettes clés : la Divisuma 14, mécanique (12kg), la calculette à 4 circuits de Jack Kilby (2,5kg), celle à un seul circuit de Dave Leonard (0,3kg) et enfin, la calculette programmée sur l’Alto (0 kg). Il nous montrera que finalement, ni les fonctions, ni l’aspect n’ont beaucoup changé.
Alain Guyot a soutenu sa thèse et son habilitation à l’école nationale polytechnique de Grenoble. Enseignant-chercheur, il travaillait sur la conception d’ordinateurs et de circuits intégrés numériques. Il a publié plus d'une centaine d'articles sur ces sujets avec ses thésards. Il a séjourné à Stanford University, l’EPFL, l’ENSL, l’ENST, Paris-6, . Il est maintenant responsable des collections (récupération, récolement, documentation, ..) de l’association ACONIT.
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  • ​Jeudi 15 novembre, de 9h à 17h30 : Systèmes d'exploitation, un tournant dans l'histoire de l'informatique

Les équipes du séminaire "Histoire de l'informatique et du numérique" et du projet « Hist.Pat.info.Cnam » se sont associées pour organiser le colloque Systèmes d'exploitation, un tournant dans l'histoire de l'informatique. Cette journée revient sur un tournant de la recherche et du développement en informatique, à savoir les systèmes d'exploitation. A travers des travaux d’historiens, des réflexions documentaires sur les sources, et des témoignages d’acteurs de cette histoire, l'objectif est de reconstituer l’évolution de cet objet symbole de la modernisation des ordinateurs dans sa portée scientifique et technique, institutionnelle et industrielle, en France et dans le contexte international.

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  • ​Jeudi 15 décembre 2016, de 14h30 à 17h : 45 ans d'architecture des ordinateurs : une loi, une fonction et deux équations

Daniel Etiemble montrera qu'avec les technologies MOS et CMOS, l’évolution de l’architecture des ordinateurs peut être expliquée par la loi de Moore, la fonction exponentielle et deux équations : celle donnant le temps d’exécution d’un programme et celle donnant la puissance dissipée en technologie CMOS. L’évolution des différents paramètres explique les deux périodes, avant et après le mur de la chaleur, et le virage vers le parallélisme au début des années 2000. Les différentiels entre les exponentielles expliquent la complexification et l’hétérogénéité croissantes des architectures. Daniel Etiemble est professeur émérite à l’université Paris Sud après une carrière à Paris 6, Toronto et Paris 11 où il a enseigné l’architecture des ordinateurs. Il a été directeur d’UER à Paris 6 et président du département d’Informatique à Orsay. Il a été responsable de l’équipe Architecture des ordinateurs du LRI, directeur du PRC-GDR « Architectures Nouvelles de Machines » et président de la section 27 (Informatique) du CNU. Son domaine de recherche est l’évaluation de performance des architectures en fonction des caractéristiques matérielles et des modèles de programmation.​

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  • ​Jeudi 19 janvier 2017, de 14h30 à 17h : Les dispatching à EDF : Conduite du réseau de transport à très haute tension​

Au début des années 1960, EDF a lancé un projet visant à équiper ses dispatchings d’ordinateurs pour la conduite de son réseau de lignes à très haute tension. La capacité de traiter en temps réel des milliers de mesures et de signalisations, devait permettre de faire face à la gestion de plus en plus complexe des lignes de transport interconnectées et des moyens de production d’électricité correspondants, en forte expansion pour répondre à la consommation électrique croissante. Il s’agit d’un ensemble de 16 calculateurs CAE-CII, reliés entre eux par un réseau téléinformatique et implantés dans huit dispatchings régionaux et à Paris, dont la mise en service s’est achevée en 1971. Le système d’exploitation est réalisé par les fournisseurs, les logiciels d’application par les informaticiens d’EDF. Des systèmes de nouvelle génération, le SIRC pour les régions et le SYSDIC au niveau national, sont étudiés à partir de 1975 et deviennent opérationnels une décennie plus tard avec des ordinateurs Mitra CII et Mini 6 Bull. Une troisième génération sera développée ensuite avec des VAX de Digital Equipment au niveau national et des serveur HP au niveau régional.

Pierre Aubertin (ingénieur Centrale Lyon et Supélec) a travaillé au centre de dispatching régional de Nancy au début des années 1970, puis y a participé au développement du système de nouvelle génération (SIRC). Il a ensuite été un acteur essentiel du SRC et a contribué à la réussite du centre de coordination européen CORESO de la zone Centre ouest Europe (Allemagne, Belgique, France, Luxembourg et Pays-Bas).

Pierre Mounier-Kuhn est historien au CNRS et à l’Université de Paris-Sorbonne
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  • Jeudi 16 février 2017, de 14h30 à 17h : Machines systèmes

Parallèlement à l'évolution des machines informatiques "standard" (ex : IBM 360, DEC Vax, les RISC…), et sous la poussée de l'évolution technologique, la recherche et l'industrie informatique ont développé, dès la fin des années 1960, des machines originales basées sur l'idée de déplacer la frontière entre le logiciel et le matériel dans le domaine des systèmes d'exploitation. La machine du projet Multics : GE 645 (1969) du MIT fut la première réalisation d'une longue série qui se développa dans les années 1970 et dont certains modèles sont encore très largement utilisés.

François Anceau est chercheur en architecture des ordinateurs puis de microprocesseurs, à l'université et chez Bull où il travailla 12 ans sur la vérification formelle de matériel et de logiciel. Il a enseigné à la faculté, à Sup-Telecom et à l'Ecole Polytechnique, et fut titulaire de la chaire des techniques fondamentales de l'informatique au Cnam à partir de 1996. En inactivité depuis 2003, il poursuit ses recherches, à titre bénévole, dans le laboratoire SOC (System On Chip, Système embarqués sur Puce) du LIP6, à Jussieu et est intervenu dans les cours de Gérard Berry au Collège de France.
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  • Jeudi 15 juin 2017, de 14h30 à 17h : L’informatique en milieu scolaire. Repères sur une difficile prise en compte

En France, bientôt 50 ans se sont écoulés depuis le lancement de la première expérience nationale d’introduction de l’informatique en milieu scolaire. Une série d’autres initiatives politiques ont ensuite été ménées, la plus notable étant le plan Informatique pour tous de 1985. Au cours du temps ces politiques ont oscillé relativement à ce que devait être l’informatique dans d’enseignement scolaire : objet ou média d’enseignement, instruments spécifiques… sans qu’une solution stable se dessine. Les politiques de formation d’enseignants ont également varié. Des formations continues ambitieuses ont été très tôt mises en place. Leur coût étant très important, elles n’ont guère duré. Pour leur part, les formations initiales n’ont pas vraiment pris le relais, sauf dans des secteurs disciplinaires spécifiques. À ce jour, l’informatique n’est pas devenue une nouvelle discipline de formation générale, mais les choses pourraient évoluer en raison de l’importance actuellement accordée au “codage”, euphémisme de “programmation”. Cette intervention vise à présenter une synthèse de l’évolution des politiques scolaires liées à l’informatique puis au numérique, à analyser les évolutions qu’elles ont suscitées et à tracer quelques perspectives Cette séance sera présentée par Georges-Louis Baron, professeur émérite en sciences de l'éducation à l'université paris Descartes. Parallèlement à un début de carrière dans l'enseignement des mathématiques (1973 à 1981), Georges Louis Baron s'est intéressé dès 1975 à 'informatique et ses applications pédagogiques. En 1985, il bifurque en sciences de l'éducation, pour réaliser sa thèse sur "La constitution de l'informatique comme discipline scolaire - Le cas des lycées". Ses sujets de recherche vont alors se centrer sur "l'invention, l'innovation et la banalisation relatifs à l’utilisation en milieu éducatif d’environnements et d’instruments informatiques ainsi que l’émergence de nouveaux objets d’enseignement liés à l’informatique.