Four solaire de Mouchot et Pifre

Le four solaire de Mouchot et Pifre, habituellement présenté dans le domaine Énergie, a fait l’objet d’une importante restauration. Le résultat est spectaculaire et le four, qui a retrouvé son éclat d’origine, a repris place dans la collection permanente. 
 

Professeur de mathématiques, Augustin Mouchot est un précurseur dans l’histoire de l’énergie solaire. Féru d’expérimentations physiques, il cherche à substituer aux combustibles habituellement employés dans l’industrie les rayons du Soleil. Il publie en 1869 La Chaleur solaire et ses applications industrielles et dépose, en 1871, un brevet pour une chaudière solaire. Le ministère de l’Instruction publique le charge de conduire une mission d’étude en Algérie et, associé au Centralien Abel Pifre, il construit un générateur solaire récompensé d’une médaille d’or à l’Exposition universelle de Paris, en 1878. Pifre fait l’acquisition des droits du brevet de Mouchot et ouvre, en 1879, un atelier de fabrication d’appareils solaires avant de fonder, en 1881, la Société centrale d’utilisation de la chaleur solaire. Les deux hommes mènent en 1882 un essai concluant dans le Jardin des Tuileries : un générateur solaire produit suffisamment de vapeur pour animer une presse Marinoni permettant d’éditer un journal, Le Soleil, au rythme de cinq exemplaires à l’heure.

En 1880, le Conservatoire des arts et métiers faisait l’acquisition d’un modèle de four Mouchot, réduction au 1/3 d’un générateur expérimenté dans les jardins de l’établissement. L’appareil se compose de trois éléments : un miroir réflecteur cylindrique ou parabolique plaqué d’argent, qui concentre les rayons du Soleil ; une chaudière en cuivre noirci installée au centre du miroir et contenant le fluide à chauffer ; une cloche en verre recouvrant la chaudière, destinée à emprisonner la chaleur. Augustin Mouchot envisageait comme principales applications de son four la mise en marche de pompes élévatoires, la cuisson de denrées alimentaires ou l’évaporation de liquides. Le générateur solaire intéresse savants et constructeurs, mais demeure, à la fin du xixe siècle, un dispositif à visée expérimentale, sans réelles utilisations industrielles.

 
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Four solaire de Mouchot et Pifre, c. 1880, modèle au 1/3 (avant restauration)
© Musée des Arts et Métiers-Cnam/photo Michèle Favareille
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Four solaire de Mouchot et Pifre, c. 1880, modèle au 1/3 (après restauration)
© Musée des Arts et Métiers-Cnam/photo Franck Botté
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Four solaire de Mouchot et Pifre, c. 1880, modèle au 1/3 (après restauration)
© Musée des Arts et Métiers-Cnam/photo Franck Botté
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Four solaire de Mouchot et Pifre, c. 1880, modèle au 1/3 (après restauration)
© Musée des Arts et Métiers-Cnam/photo Franck Botté
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Four solaire de Mouchot et Pifre, c. 1880, modèle au 1/3 (après restauration)
© Musée des Arts et Métiers-Cnam/photo Franck Botté
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Four solaire de Mouchot et Pifre, c. 1880, modèle au 1/3 (après restauration)
© Musée des Arts et Métiers-Cnam/photo Franck Botté
Le modèle conservé au Musée des Arts et Métiers est un précieux témoignage des recherches de Mouchot et un objet mettant en perspective les réflexions actuelles portant sur la composition du mix énergétique et l’augmentation de la part des énergies renouvelables. Au fil du temps, le modèle s’est fortement oxydé : si cette situation ne présente pas de danger immédiat pour sa conservation, elle ne permet plus aux visiteurs d’apprécier le fonctionnement de l’objet. Une importante opération de conservation-restauration a donc été menée en septembre 2019 : le modèle a été exceptionnellement rapatrié dans les ateliers du musée où l’on a procédé au démontage complet du miroir, ce qui a permis de traiter les oxydations et d’appliquer une protection sur la surface.