Chaudière Stirling

Au printemps, ce modèle de chaudière Stirling fera l'objet d'une importante opération de conservation-restauration en vue d'être présenté dans l'exposition Scientifiction, Blake et Mortimer au musée des Arts et Métiers où l’esthétique particulière de cet objet, que l’on s’attendrait à voir flanqué de la Marque jaune, fera écho à l’œuvre d’Edgar P. Jacobs.
Modèle de chaudière Stirling
©Musée des Arts et Métiers-Cnam/Lionel Dufaux
En 1930, le Conservatoire des arts et métiers sollicitait la Compagnie de Fives-Lille pour le don d'un modèle représentant une chaudière récente de manière à actualiser les collections. La direction du Conservatoire souhaitait expressément obtenir un modèle de chaudière Stirling : ces appareils, développés aux États-Unis d'après les brevets d'Allan Stirling, étaient alors construits en France par Fives-Lille.

Livré en 1931, le modèle a figuré à l’Exposition coloniale de Paris puis dans une exposition organisée au Conservatoire sur la thématique du chauffage industriel. Construit à l’échelle 1/10 et en coupe, il permet d’apprécier la structure interne de la chaudière, qui comprend deux corps cylindriques supérieurs parallèles formant réservoirs d'eau et de vapeur, ainsi qu’un corps inférieur, le tout étant relié par deux séries de tubes inclinés. Ces chaudières étaient à l’époque des installations gigantesques, offrant une surface de chauffe de 610 m², permettant une vaporisation de 27 tonnes par heure. La température de la vapeur pouvait atteindre 425 °C, et la chaudière brûlait entre 2,8 et 3,4 tonnes de charbon chaque heure. D’ingénieux dispositifs permettaient d’optimiser l’emploi du combustible en réutilisant certains gaz de combustion pour réchauffer l’air ou l’eau.

Ses dimensions, sa facture détaillée et sa lisibilité font de ce modèle une pièce remarquable des collections relatives à l’énergie thermique. Longtemps exposé dans le parcours de visite permanent, ce très beau modèle a malheureusement été dégradé par des visiteurs indélicats. Il a fait l’objet d’une étude approfondie par des élèves restaurateurs de l’Institut national du patrimoine et va bénéficier, ce printemps, d’une importante opération de conservation-restauration : les éléments détachés ou déformés seront traités et replacés sur le modèle tandis que les altérations de la couche picturale seront corrigées.