Buste en aluminium d'Henri Sainte-Claire Deville

Les collections du Musée des arts et métiers s’enrichissent d’un buste d’Henri Sainte-Claire Deville fondu en aluminium d’après une œuvre du sculpteur Gabriel-Jules Tomas.
D'après Gabriel Jules Thomas, Buste d'Henri Sainte-Claire Deville, 1882. Inv. 45386.
© Musée des arts et métiers-Cnam / photo Denis Pruvrel.
Fils de sculpteur, prix de Rome en 1848, Gabriel Thomas (1824-1905) parcourt tous les degrés de la carrière académique de son époque : il est distingué lors des Salons officiels et des expositions universelles, et reçoit la Légion d’honneur. Membre de l’Académie des Beaux-Arts en 1875, il est nommé professeur à l’École nationale des Beaux-Arts en 1884. Gabriel Thomas est chargé de nombreuses commandes officielles, comme un Christ en croix pour l’église Sainte-Geneviève (aujourd’hui Panthéon), le fronton de la nouvelle église Saint-François Xavier dans le 7e arrondissement,  le Général Marceau et Orphée pour un décor monumental du Louvre ou l'allégorie de la Ville d’Amsterdam au-dessus du fronton de la gare du Nord. Il est également proche de Charles Garnier qui lui confie les deux caryatides monumentales, le Drame et la Musique, qui encadrent l’entrée du parterre et des loges baignoires du grand escalier de l’opéra. Sa production compte également de très nombreux portraits, et il est donc naturel que l’Institut de France lui commande, en 1882, un buste du célèbre chimiste Henri Sainte-Claire Deville (1818-1881), mort l’année précédente.

Il s’agit donc d’un portrait posthume de cet éminent scientifique, à la fois docteur en médecine et en sciences physiques, professeur à l’École normale supérieure et à la Sorbonne, et dont les travaux ont surtout porté sur la chimie des métaux. Sainte-Claire Deville laisse son nom à la découverte du premier procédé de fabrication industrielle de l’aluminium ainsi qu’à la découverte du platine, de l’iridium, du palladium et du rhodium. C’est au sein du laboratoire de l’École normale supérieure qu’il obtient, en 1854, les premiers lingots d’aluminium. L’année suivante, lors de l’Exposition universelle, l’empereur Napoléon III, qui a subventionné ses recherches, peut présenter à la reine Victoria les premiers objets réalisés dans ce métal léger et inaltérable.

Ce buste est l’un des rares témoins de la production en aluminium antérieure à 1886, date à laquelle la voie chimique est supplantée par un procédé électrolytique beaucoup plus rentable qui donnera enfin des débouchés industriels au « métal de l’argile ». Il s’agit d’une pièce significative qui vient enrichir notablement les collections métallurgiques du Musée des arts et métiers.