Buste de l'abbé Grégoire

Parmi les collections de portraits conservées au musée des Arts et Métiers figure un buste de l'abbé Grégoire, œuvre du sculpteur Henri Chatrousse.
Émile François Chatrousse, Buste de l’abbé Grégoire, plâtre, 1885. Inv. 10423.
© Musée des Arts et Métiers-Cnam / photo Studio Cnam
En 1885, le Conservatoire des Arts et Métiers inscrivait à l’inventaire de ses collections ce buste de l’abbé Grégoire. Offert par son auteur, le sculpteur Émile Chatrousse, il s’agit de l’un des tirages en plâtre d’un buste en marbre exécuté la même année pour orner la salle du Jeu de paume de Versailles (inv. MV6511). Chatrousse représente Grégoire âgé d’une quarantaine d’années, alors qu’il vient d’être élu député de Nancy en vue de la réunion des États généraux à l’été 1789, premier acte de la Révolution française.
 
Personnage de premier plan dans l’histoire de la Révolution, porteur de la notion de patrimoine, l’abbé Grégoire a joué un rôle central dans la création du Conservatoire des Arts et Métiers. En octobre 1794, il défend ainsi, devant les députés de la Convention nationale, le projet d’un dépôt public d’inventions neuves et utiles, un moyen de perfectionner l’industrie nationale.

Quelques mois plus tôt, en janvier, il prend part aux débats qui aboutiront au vote, le 16 pluviôse An II (4 février 1794), du décret d’abolition de l’esclavage. Depuis le début de la Révolution, Grégoire, membre de la Société des amis des Noirs, s’est activement impliqué dans la condamnation de la traite des Noirs et de l’esclavage. En 1791, il adresse ainsi une Lettre aux citoyens de couleur et nègres libres de Saint-Domingue et des autres isles françoises de l'Amérique et prononce, la même année, un important discours devant le Club des Jacobins.

Inégalement appliqué, le décret est annulé sous le Consulat le 30 floréal An X (20 mai 1802) mais Grégoire poursuit la lutte contre l’esclavage, publiant notamment De la littérature des Nègres en 1808 et Des peines infamantes à infliger aux négriers en 1822. S’il faut attendre le décret du 27 avril 1848 pour que soit définitivement aboli l’esclavage en France, sous l’impulsion de Victor Schœlcher, Grégoire, par son implication, sa plume et son éloquence, a été l’un des grands artisans de la suppression de ce régime.
Dimanche 10 mai 2020 - Commémoration nationale des mémoires de l'esclavage
La Journée nationale des mémoires de l’esclavage, des traites et de leurs abolitions du 10 mai nous invite à nous souvenir de tout ce que la France d’aujourd’hui doit à l’esclavage, aux résistances et aux combats pour l’abolir, et aux populations qui en sont issues. Fête citoyenne et fraternelle, elle est ainsi l’occasion de célébrer l’identité mondiale de la France, sa diversité, sa culture créolisée.
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