Acquisition d'un fonds iconographique autour de Louis Blériot

Le musée des Arts et Métiers a enrichi ses collections par l'acquisition d'un ensemble de documents et de photographies relatifs aux débuts de l'aviation et à la place de Louis Blériot.
Présentation du Blériot XI dans les magasins Selfridges de Londres après la traversée de la Manche. Août 1909. © Musée des Arts et Métiers-Cnam / L. Dufaux.
Le musée des Arts et Métiers a fait l’acquisition, en 2014, d’un important fonds de documents et d’images relatifs à la conception des aéroplanes expérimentaux de Louis Blériot, à la construction du Blériot XI et à l’exploit de la première traversée de la Manche par les airs, et à la naissance de l’activité industrielle de Blériot dans l’aéronautique. Cet ensemble a été constitué par le restaurateur du patrimoine David Cueco lors d’une campagne de restauration menée sur le Blériot XI en 2009, lors de la préparation d’une exposition temporaire consacrée au centenaire de la traversée de la Manche.

Le fonds comprend :
  • Des périodiques (mensuels et quotidiens), qu’il s’agisse de titres généralistes (Le Matin, Le Pèlerin, La Vie au grand air, Le Monde illustré, L’Illustration) ou spécialisés (L’Aviation illustrée), contemporains de la traversée. Les exemplaires du Matin sont tout particulièrement intéressants car c’est ce quotidien qui a organisé la traversée de la Manche et qui a procédé à la cession de l’aéroplane au profit du Conservatoire des arts et métiers
  • Des encarts et livrets publicitaires relatifs aux produits Blériot (phares et dynamos) ou de certains concurrents (Robert Esnault-Pelterie)
  • Des cartes postales illustrant les recherches de Blériot, ses premiers essais, la traversée de la Manche
  • Des photographies relatives à Blériot, à ses ateliers, à ses aéroplanes et à leurs moteurs
  • Enfin, des vues stéréoscopiques sur plaques de verre, illustrant les monoplans de Blériot et la traversée de la Manche.
Ce fonds nous a permis d’approfondir nos connaissances sur l’histoire matérielle du Blériot XI. L’articulation de chacun des items permet en effet d’éclairer plusieurs aspects de l’histoire de cet aéroplane. Il s’agit non seulement d'en comprendre l’évolution matérielle en s’appuyant sur des documents graphiques (photographies, cartes postales, gravures…) susceptibles de révéler des changements sur la structure ou sur l’aspect global de l’objet ; mais également de saisir le contexte historique dans lequel cet avion a été conçu et construit, afin de déterminer sa place dans l’histoire des techniques.

Couvrant la période allant de 1909 à 1932, ce fonds vient renforcer le positionnement du musée des Arts et Métiers du point de vue des pionniers de l’aviation. Les périodiques permettent ainsi de resituer l’exploit de la première traversée de la Manche dans un contexte d’expériences et de compétitions au sein desquelles Blériot et ses concurrents s’affrontent et perfectionnent leurs appareils. La traversée de la Manche est décrite dans plusieurs numéros spéciaux de ces journaux, mais également avec les exemplaires du Matin. Les cartes postales illustrent, pour certaines d’entre elles, l’exploit de la traversée, et quelques types d’aéroplanes Blériot qui précèdent le type XI, et la production ultérieure à travers les figures de pilotes célèbres (Morane, Baumont ou Roland Garros). Quelques photographies des années 1930 rappellent le rapprochement de Blériot et la Société de production des aéroplanes Deperdussin (Blériot-Spad), avec l’exploitation d’une usine à Suresnes, d’une école à Pau et de l’aérodrome de Buc (école et ateliers). Plusieurs documents rappellent la forte médiatisation de la traversée de la Manche, célébrée notamment à travers la diffusion de cartes postales ou de prospectus publicitaires.

Ce fonds vient enrichir notre connaissance du contexte de création, de construction et d’utilisation du Blériot XI, tout en inscrivant cette étape dans une histoire plus globale de la production des usines Blériot, allant des phares pour automobiles jusqu’aux avions produits en série par Blériot-Spad pendant l’entre-deux-guerres. Ces documents ont, par eux-mêmes, une très forte valeur historique qui va au-delà de la mise en contexte du Blériot XI. Ils révèlent en effet la formation aux métiers de l’aviation, et la transition essentielle entre une activité expérimentale et la naissance d’une véritable industrie.

Conformément aux dispositions du Code du patrimoine, le projet d’acquisition a été préalablement étudié par des experts extérieurs, et soumis à l’approbation de la commission des collections du musée. Celle-ci ayant émis un avis favorable, les documents ont été inventoriés, décrits et conditionnés et font désormais partie du patrimoine national.