Vers le Musée des arts et métiers

Si l'actualisation des galeries, opérées à la fin du XIXe siècle, va de pair avec la création de nouvelles chaires d'enseignement, force est de constater qu'au XXe siècle, l'enseignement technique se déconnecte de plus en plus des collections.
La cour d’honneur du Conservatoire et l’ancienne entrée du musée. Aquarelle réalisée par J. Barth le 24 juin 1898, à l’occasion de la visite dans l’établissement du président de la République, Félix Faure. Musée des Arts et Métiers, inv. 441 T.
© Musée des arts et métiers/J.-M. Courant/Dephti Ouest

Le Musée des arts et métiers demeure malgré cela le principal « temple » de la technique en France jusqu'à l'après-guerre, quand se créent des musées spécialisés dans le cinéma, la photographie, les chemins de fer, l'automobile, l'extraction minière, mais aussi des écomusées et les lieux de mémoire du patrimoine industriel.

Baptisé « musée national des techniques » par Maurice Daumas, son directeur dans les années 1960-1970, il propose une approche contemporaine des progrès techniques en regard des collections historiques.

Mais la muséographie mise en place à cette époque a bien vieilli, et un ambitieux programme de rénovation, défini par Pierre Piganiol et porté par Dominique Ferriot, directrice entre 1988 et 2000, est initié dans le cadre des célébrations du bicentenaire du Conservatoire des arts et métiers. L'élément le plus spectaculaire en est la construction de réserves répondant aux normes de la conservation préventive, rendant les collections accessibles aux chercheurs et aux professionnels des musées. Les espaces de l'exposition permanente sont restaurés, modernisés et organisés en sept sections thématiques, offrant une nouvelle lecture de ce patrimoine unique et de l'histoire des techniques.

Pour en savoir plus :
Marie-Sophie Corcy et Lionel Dufaux, « À la découverte du Musée des arts et métiers », Le Musée des arts et métiers. Guide des collections, Musée des arts et métiers / Artlys, 2013 ; Musée des arts et métiers, la revue, n° 28/29, mars.
La salle consacrée à l'Énergie avant les travaux.
© C. Rose/EPMOTC

« Un musée des techniques, non content de nous faire admirer des objets, s’attache à en expliquer la genèse et le fonctionnement, puis à établir leurs liens avec l’évolution des sociétés et même avec leurs politiques de monopole, de suprématie, ou de coopération. Il remplit donc un ensemble de missions que nous regrouperons sous un seul vocable : une mission culturelle qui accompagne sa mission de conservation »


Pierre Piganiol, 1992