Vélocipède Suriray

Ce vélocipède, présenté dans le parcours de visite du musée, a récemment fait l'objet d'une restauration.
Vélocipède Suriray, 1869, inv. 14016. © Musée des arts et métiers - Cnam / S. Pelly.

Le vélocipède Suriray, présenté dans la galerie des Transports du Musée des arts et métiers, marque une étape importante dans l’évolution des cycles. Son concepteur, Jules Pierre Suriray, constructeur-mécanicien installé boulevard Saint-Martin, à Paris, prend le 2 août 1869 un brevet pour des « perfectionnements dans les vélocipèdes », proposant l’utilisation de roues cerclées de caoutchouc, de moyeux garnis de billes et d’un rochet. Ce dernier, qui préfigure la roue libre, est le seul élément absent sur ce vélocipède : l’usage des roulements à billes, limitant les frottements la résistance à l’avancement, est en revanche une innovation des plus remarquables.
Offert par Auguste Suriray au Conservatoire des arts et métiers à l’issue de l’Exposition rétrospective du cycle, organisée au Grand Palais en 1906 par le Touring-Club de France, le vélocipède Suriray a récemment fait l’objet d’une restauration portant notamment sur la consolidation de sa selle. Celle-ci, en cuir, est recouverte d’une étoffe portant des éléments de broderie. Au cours de la restauration, la mise à jour du revers de la selle a permis de redécouvrir les motifs brodés et l’éclat de leur couleur. La présence d’un tel décor interpelle : la fragilité des broderies est en effet peu compatible avec l’utilisation du vélocipède. Peut-être est-on ici face à un produit de luxe, pour lequel l’aspect raffiné primait sur l’usage ?
 

Revers de la selle du vélocipède Suriray, 1869, inv. 14016. © Ingrid Léautey.