Une pédagogie par l’objet

Le Conservatoire est ouvert aux artisans, contremaîtres et ouvriers qualifiés qui peuvent y découvrir des machines perfectionnées, venant de France ou d'Angleterre. Dès l'origine, le moyen privilégié de transmettre les connaissances et les savoir-faire est la démonstration.

Charles Jean Marie Alquier, député de la Convention, insistait particulièrement sur ce point : « Ceux qui viendront au Conservatoire seront tous des ouvriers, dont il ne faut pas obscurcir les conceptions par des discours abstraits ou scientifiques : il faut leur faire voir plus qu’il ne faut leur parler. Le jeu d’une machine, mise en mouvement sous leurs yeux, est souvent pour eux la meilleure démonstration. […] Il faut enfin, pour leur instruction, la science des faits bien plus que la science parlière. » Des hommes de science reconnus, comme Nicolas Jacques Conté, Alexandre Théophile Vandermonde ou Joseph Montgolfier, expliquent ainsi les machines visibles dans les collections, les innovations qu'elles renferment ou les outils utiles à leur construction et à leur fonctionnement. Parallèlement, le bureau des dessinateurs exécute des représentations des collections et une école élémentaire gratuite de dessin (connue sous le nom de « Petite École », forme des élèves à l'art du dessin de machines. Les dessins et la documentation spécialisée, consultable à la bibliothèque, complètent la visite des galeries, et le Conservatoire devient un lieu de référence où l'on peut mettre à jour ses connaissances, s’informer sur les travaux de ses confrères ou de ses concurrents !

Pour en savoir plus : Marie-Sophie Corcy et Lionel Dufaux, « À la découverte du Musée des arts et métiers », Le Musée des arts et métiers. Guide des collections, Musée des arts et métiers / Artlys, 2013 ; Alain Mercier, Un Conservatoire pour les arts et métiers, Gallimard, coll. « Découvertes », 1994.
Cours de dessin : École de dessin du Conservatoire national des arts et métiers, 19e siècle
© Musée des arts et métiers-Cnam/photo studio Cnam

« Les autres collections offrent aux agriculteurs, aux manufacturiers, aux artistes, de nombreuses séries d’instrumens, d’appareils, de machines, soit en grand, soit en modèle, usités ou propres à être employés dans les divers travaux de l’industrie.


Ces collections s’enrichissent, se coordonnent, s’épurent chaque jour ; et si l’on voit, à côté des modèles nouveaux et perfectionnés, des modèles anciens et imparfaits, c’est que les galeries du Conservatoire sont essentiellement destinées à présenter, sous des formes matérielles, l’histoire des arts, et à offrir à l’examen des artistes la marche et les progrès des inventions, ainsi que les combinaisons variées de l’esprit, pour résoudre le même problème de mécanique. »

Gérard Joseph Christian, directeur du Conservatoire de 1816 à 1831
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