Tricycle à essence Millet

Avec son unique roue, ce véhicule atypique sera mis à l'honneur dans une exposition du Musée national du Sport.
Tricycle à essence de Félix Millet, 1887. Inv. 14327.
© Musée des arts et métiers - Cnam / photo Studio Cnam

Parmi les collections relatives aux transports routiers, le tricycle à essence de Félix Millet occupe une place particulière, tant par son ancienneté que par son aspect des plus déroutants. Il s’agit en effet de la partie avant d’un tricycle comprenant la partie la plus intéressante du véhicule du point de vue de la motorisation : un cadre en fer, proche de ceux des vélocipèdes du milieu du XIXe siècle, est supporté par une roue métallique que Millet appelait « roue soleil ». À l’intérieur de la roue, un moteur à cinq cylindres ; la couronne extérieure est quant à elle pourvue de rayons courbes et souples, amortissant les chocs. Le moteur est alimenté par un petit réservoir à essence situé sous le siège arrière. Son placement au centre de la roue en fait un moteur rotatif à refroidissement par air, à l’image des moteurs à essence utilisés trente ans plus tard pour les premiers aéroplanes. Il s’agit alors du premier moteur de ce type appliqué à la traction sur route.
Avec ce dispositif nouveau, Félix Millet proposait une solution originale offrant un encombrement limité et une souplesse d’utilisation intéressante, le moteur à essence étant immédiatement disponible, contrairement aux chaudières à vapeur. Les travaux de Millet sont à rapprocher des essais opérés à la même époque par Albert de Dion, Georges Bouton et Charles Trépardoux avec un tricycle à vapeur (1885, inv. 16387) ou Léon Serpollet et Armand Peugeot (1887, inv. 16795).
Le tricycle Millet a été achevé en 1887. Il s’agit véritablement d’un véhicule expérimental : la motorisation a été brevetée en 1888 et Millet a rapidement construit sur le même principe des motocyclettes présentées notamment à l’Exposition universelle de 1889. Si d’autres dispositions se sont avérées plus pertinentes, la proposition de Millet marque une étape importante dans l’histoire des transports automobiles, avec le choix de l’essence comme combustible.
Offert en 1910 par Félix Millet au Conservatoire des arts et métiers, ce tricycle a fait l’objet d’une restauration des parties en cuir et des pièces métalliques. Il a également reçu un nouveau soclage pour améliorer ses conditions de conservation et de présentation. Il figurera très prochainement dans l’exposition Moteurs au Musée national du Sport, à Nice, aux côtés du modèle réduit de l’hélicoptère Vuitton (inv. 14348) et d’un tricycle à essence De Dion-Bouton (inv. 16388).

Moteurs
Du 22 juin au 17 septembre 2017
Musée national du Sport
Stade Allianz Riviera
06200 Nice