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Le Portefeuille industriel




Près de vingt mille pièces - scènes de genre aquarellées, lavis, épures ou croquis - composent l'une des plus prestigieuses collections publiques de dessins techniques d'Europe, le Portefeuille industriel.
Ces feuilles d'une grande diversité thématique reflètent l'état des savoir-faire européens, du XVIIe siècle au début de la Belle Époque.

Un dessinateur, François Beuvelot, est adjoint d'emblée au triumvirat de démonstrateurs du Conservatoire initial.
Il appelle auprès de lui quelques dessinateurs-adjoints... Dès l'automne 1793, ces artistes ont exécuté des plans de mines, fonderies et foreries de canons, pour le Comité de Salut Public.
Dans l'apaisement de la Convention thermidorienne, ils s'emploient « au recueil des dessins des machines du Conservatoire des Arts et Métiers », et à faire les plans des brevets d'invention. Peaufiner d'élégants lavis d'étude, qui étayent les commentaires des démonstrateurs de l'institution à l'adresse du public : telle est la tâche essentielle des premiers dessinateurs.

Ces lavis ne sont pas les seules richesses du fonds graphique originel. On y rencontre des dessins de l'Ancien Régime provenant de saisies révolutionnaires ; d'autres encore, établis pour le Comité de Salut Public.
Le style des plans réalisés aux Arts et Métiers évolue brutalement dans les années 1815.
Sous l'impulsion du jeune dessinateur César Nicolas Louis Le Blanc, de sévères épures cotées se substituent aux beaux lavis, « hyperréalistes » avant l'heure, de Dromard et de ses collègues. Schéma de montage potentiel, le dessin industriel apparaît, instaurant ses codes graphiques.

L'Exposition universelle de 1855 marque une étape forte dans l'histoire du Portefeuille. En ce milieu du XIXe siècle, un bâtiment spécial, construit par l'architecte Léon Vaudoyer, est affecté à la communication des plans. Le Conservatoire préfigure à cette époque l'Institut National de la Propriété Industrielle.

Les inventeurs en quête de brevets y affluent : le Portefeuille leur est une documentation incontournable. Dans les années 1890 pourtant, ces milliers de plans-témoins tomberont, pendant près d'un siècle, dans un profond oubli...

Si ce fonds fragile nécessite une conservation attentive, le Cabinet des dessins du musée en présentera régulièrement, à l'occasion d'expositions temporaires, les facettes les plus variées, tout comme les récentes acquisitions.