Le Portefeuille industriel
Lavis de couleurs sur traits de crayon et dencre. Dessin
exécuté pour le Conservatoire par Dromard (signature
complète). Papier vergé [62 x 46,5]. Fin du XVIIIe
- début du XIXe siècle.
Inv. 13571.240/3 (d'une série de trois).
Le dynamisme et la curiosité de l'industriel suisse Johann-Sebastian Von Clais[s] (1742-1809) ne démentent pas la qualité d'artiste qu'on lui attribuait volontiers : le mot désigne couramment, de son temps, les amateurs de technique, inventeurs, constructeurs (mécaniciens notamment) ou «experts»...
Sa personnalité riche et sans cesse à l'affut de connaissances nouvelles fait de «cet ardent ami des arts», comme dit un document de 1801, le partenaire de choix du gouvernement français, dans des missions d'information (d'espionnage pourrait-on presque dire) à l'étranger.
Lors d'un périple en Bavière, dans l'évêché de Salzbourg et au Tyrol, Clais[s] collecte en compagnie de son ami Bonjour une multitude de renseignements sur les modes d'exploitation et de production en vigueur dans les salines de ces régions. Le 10 juin 1801, il adresse au ministre français de l'Intérieur un rapport sur les alènes (1), un autre à la même époque sur les toiles imperméables.
Sous le Consulat et l'Empire, Clais[s] correspond très souvent avec Claude-Pierre Molard, l'informant ou le questionnant. Ainsi lui adresse-t-il, en 1801, un mémoire sur la fabrication de l'alun (2) ; ou s'enquiert-il auprès de lui, en mai 1807, de «la meilleure manière de faire la soudé (3).»
La machine à découper la tôle pour la fabrication des chaudières, dont ce dessin représente une vue plongeante, n'est pas la seule invention de Clais[s] utilisant l'énergie hydraulique. Il conçoit en novembre 1801 une «machine à nettoyer le blé de la rouille ou de la nielle (4)» dont le mouvement est assuré par une roue à aubes, comme ici.
Dans une note du début du XIXe siècle, Molard jette cette observation : «Clais pour obtenir Du fer très doux avec lequel il fabrique les Chaudières D'evaporalion des eaux salées, employe le procédé suivant [:] il reduit la fonte ou la gueuse en petits morceaux [.] pour cet effet il fait chauffer la gueuse jusqu'au rouge blanc et la pulverise dans cet état sous les marteaux (5).»
Le Portefeuille de Vaucanson conserve aussi le dessin d'une «cuisine économique» de Clais[s] (inv. 13571.319).
(1) Musée national des Techniques. Archives, T 371.
(2) Musée national des Techniques. Archives, X 46.
(3) Musée national des Techniques. Archives, T 147.
(4) Musée national des Techniques. Archives, Q 228.
(5) Musée national des Techniques. Archives, D 102.
Inv. 13571.240/3 (d'une série de trois).
Le dynamisme et la curiosité de l'industriel suisse Johann-Sebastian Von Clais[s] (1742-1809) ne démentent pas la qualité d'artiste qu'on lui attribuait volontiers : le mot désigne couramment, de son temps, les amateurs de technique, inventeurs, constructeurs (mécaniciens notamment) ou «experts»...
Sa personnalité riche et sans cesse à l'affut de connaissances nouvelles fait de «cet ardent ami des arts», comme dit un document de 1801, le partenaire de choix du gouvernement français, dans des missions d'information (d'espionnage pourrait-on presque dire) à l'étranger.
Lors d'un périple en Bavière, dans l'évêché de Salzbourg et au Tyrol, Clais[s] collecte en compagnie de son ami Bonjour une multitude de renseignements sur les modes d'exploitation et de production en vigueur dans les salines de ces régions. Le 10 juin 1801, il adresse au ministre français de l'Intérieur un rapport sur les alènes (1), un autre à la même époque sur les toiles imperméables.
Sous le Consulat et l'Empire, Clais[s] correspond très souvent avec Claude-Pierre Molard, l'informant ou le questionnant. Ainsi lui adresse-t-il, en 1801, un mémoire sur la fabrication de l'alun (2) ; ou s'enquiert-il auprès de lui, en mai 1807, de «la meilleure manière de faire la soudé (3).»
La machine à découper la tôle pour la fabrication des chaudières, dont ce dessin représente une vue plongeante, n'est pas la seule invention de Clais[s] utilisant l'énergie hydraulique. Il conçoit en novembre 1801 une «machine à nettoyer le blé de la rouille ou de la nielle (4)» dont le mouvement est assuré par une roue à aubes, comme ici.
Dans une note du début du XIXe siècle, Molard jette cette observation : «Clais pour obtenir Du fer très doux avec lequel il fabrique les Chaudières D'evaporalion des eaux salées, employe le procédé suivant [:] il reduit la fonte ou la gueuse en petits morceaux [.] pour cet effet il fait chauffer la gueuse jusqu'au rouge blanc et la pulverise dans cet état sous les marteaux (5).»
Le Portefeuille de Vaucanson conserve aussi le dessin d'une «cuisine économique» de Clais[s] (inv. 13571.319).
(1) Musée national des Techniques. Archives, T 371.
(2) Musée national des Techniques. Archives, X 46.
(3) Musée national des Techniques. Archives, T 147.
(4) Musée national des Techniques. Archives, Q 228.
(5) Musée national des Techniques. Archives, D 102.









