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Industrial portfolio




Mise en œuvre d'un dynamomètre de Régnier

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© Musée des arts et métiers/J.-M. Courant/Dephti-Ouest
Aquarelle exécutée pour le Conservatoire par Dronord (paraphe). Papier vergé [46,5 x 63]. Vers 1798.

Inv. 13571.303/1 (d'une série de six).


Né en 1751 à Semur-en-Auxois, aîné d'une famille de onze enfants, Edme Régnier fut mis en apprentissage chez un arquebusier dijonnais. Son invention d'une machine à filer et câbler les cordes de fer lui vaut en 1784 le brevet de «mécanicien de la province de Bourgogne et de monseigneur le duc de Chartres.»

Avec la Révolution, Régnier s'installe à Paris. Sur la recommandation de son compatriote Lazare Carnot, le Comité de Salut Public lui confère une responsabilité dans l'administration générale des armes portatives, alors en pleine effervescence.

Membre de l'Athénée des Arts et de la Société d'Encouragement pour l’Industrie nationale, il fut aussi le premier conservateur du Dépôt central de l'Artillerie.

On doit à Régnier les inventions les plus variées. Il faut d'abord évoquer son goût du «gadget» ! Pistolet à lanterne «pour les personnes dans le cas de voyager la nuit en voiture», pistolet de poche à réveil, briquets défensifs à pistolet ou encore bagues et bracelets d'acier aimanté contre les maux de tête, telles sont quelques-unes de ses trouvailles les plus insolites, auxquelles il faut ajouter un «méridien à canon, sonnerie et musique», présenté à Louis XVI en 1783.

Mais sa production la plus riche concerne différents appareils de mesure : thermomêtres, «potamomètre» et «reumamètre» pour mesurer le débit des eaux fluviales, «blémomètre» pour régler la détente des ressorts de platines de fusils, anémomètre portatif, thermomètres; enfin, divers types de dynamomètres, pour estimer la force des pompes à feu, mesurer la résistance des soies... Ou encore le dynamomètre joliment mis en scène sur notre aquarelle, et qui servait à évaluer la force musculaire de l'homme et de l'animal. Le modèle en est conservé au Musée national des Techniques (1). Régnier fit la description de cet instrument dans le journal de l'Ecole Polytechnique (T. II, prairial an VI [1798], pp. 160-172), ainsi que dans un mémoire explicatif publié la même année. L'usage du dynamomètre fut ordonné pour les écoles d'artillerie, et une brochure de floréal an VIII [avril-mai 1800] indique que «plusieurs écoles de médecine s'en servent maintenant pour l'instruction des élèves (2).»

Vers la fin de sa vie, Régnier se donnait le titre de «chevalier», bien porté sous la Restauration. Il mourut en 1825.

(1) Inv. 4166. Le dynamomètre est renfermé dans un coffret à compartiments, avec tous ses accessoires.
(2) Description et usage de trois sortes de briquets défensifs à pistolet (,,,) par le C[itoyen] Régnier... avec une notice sur les inventions de l'auteur. Musée national des Techniques. Archives, 12/113.