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Job, le renard électronique
April, 06 2006 [Don - France]Le constructeur du renard électronique est Albert Ducrocq (1921-2001), le célèbre chroniqueur scientifique d’Europe 1. Scientifique et littéraire de formation, Albert Ducrocq est chargé en 1943 d’une mission sur les armes secrètes allemandes pour le compte des Américains. Il oriente ses activités au lendemain de la guerre vers la cybernétique et l’astronautique.
Avec cet objet, Albert Ducrocq, auteur, parmi de nombreux ouvrages publiés, du livre Découverte de la cybernétique et de l’Ère des robots, a voulu reproduire artificiellement des actes gouvernés par l’homme, grâce à des capteurs et des cellules photoélectriques.
Albert Ducrocq sera directeur de la Société Française d’Électronique et de Cybernétique (1957), président de la Fédération Nationale de l’Automation (1958). Journaliste scientifique à la radio, il s’illustrera notamment par ses chroniques et ses conférences concernant la conquête spatiale. Il sera le chef du service scientifique des suppléments du Figaro et collaborateur pendant de longues années des revues « Sciences et Avenir » et « Air et Cosmos ».
Le renard électronique, surnommé « Job », est équipé de deux cellules photoélectriques montées dans la tête qui font office d’organes de la vue ; un microphone, connecté à un amplificateur, constitue son oreille, tandis que le toucher est représenté par des « contacts » qui réagissent contre les obstacles. D’autres contacts placés dans le cou lui donnent le sens de l’orientation. Il dispose de plus d’un « flair capacitif » qui lui permet de reconnaître un obstacle à distance par un effet de capacité qui s’exerce sur son nez. En outre, « Job » est capable d’apprentissage grâce à une « mémoire » à bandes magnétiques. S’il ne parle pas, deux lampes, l’une verte, l’autre rouge, s’allument au sommet de sa tête.
Le renard électronique est l’un des représentants de la génération des animaux synthétiques qui a vu le jour entre la fin de la deuxième guerre mondiale et le milieu des années cinquante, à l’instar de la célèbre tortue électronique conçue en 1950 par l’Américain Grey Walter. Si ces tentatives n’ont pas réussi à recréer la vie artificiellement, elles ont largement contribué à l’essor de l’informatique, de la simulation, de la robotique et de l’intelligence artificielle.
C’est un témoignage de la pensée d’après-guerre, qui voyait dans la réalisation des robots un nouvel outil de libération et de progrès pour l’humanité.
Le renard électronique s’insère également dans la longue tradition de mise en scène d’une créature artificielle, dotée de mouvement tout en ayant été inventée par l’homme, comme les automates.
Cet objet, qui vient d’être réceptionné est en cours de nettoyage et de restauration. Par mesure de précaution, la peau du renard va être traitée pour éliminer les éventuels insectes.









