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Le grand four
Le grand four « Hoffmann » (inv. 8026) est entré dans les collections du Musée des arts et métiers en 1868. Il représente un modèle de four annulaire dont le fonctionnement est assez complexe.Le principe de ce four est le foyer mobile. Le four ne s’arrête qu’une fois par an et il est remis en fonctionnement par des becs à gaz pour le chauffage de l’air. Aujourd’hui, l’alimentation en charbon est automatisée et le four peut fonctionner en continu tous les jours de l’année. Ce modèle de four dit annulaire ou circulaire à foyer mobile a été très vite abandonné pour une forme rectangulaire, favorisant une circulation homogène de l’air.
Le dosage de l’air chaud et froid est la principale difficulté pour le fonctionnement du four; il permet une harmonie entre le sol et la voûte pendant la cuisson.
Lors de l’enfournement, les briques sont empilées dans la chambre de préchauffage. Un mur d’empilement représente cinq « feuilles », c’est-à-dire environ 3 000 pièces. Ce mur est isolé de chaque côté par du papier Kraft pour la régulation des appels d‘air, et donc pour une cuisson dans une atmosphère homogène.
La température de cuisson la plus élevée atteint 1 200 degrés et nécessite une vingtaine d’heures. Il faut encore près de 150 heures de refroidissement, séchage par voie naturelle sur « halètes » compris pour faire une brique.
Mais pour fonctionner à plein, la difficulté du four est la maîtrise de la dépression qui se produit au moment du défournement. Il faut minimiser l’entrée d’air au défournement pour ne pas perturber la cuisson, car l’influence du refroidissement entraîne des fractures dans les briques. Le refroidissement doit être équilibré, entre 20 et 25 degrés pour que la silice ne craque pas. La chaleur du four doit être aux alentours de 20 degrés pour le séchage des briques.
Datant du XIXe siècle, la maquette en coupe d’un modèle de four annulaire intitulé « le grand four Hoffmann » provient de la donation de M. Drasché à Vienne.
Au premier plan, la base en bois supportant la maquette est entièrement recouverte d’une matière granuleuse assez fine et sombre, probablement du sable.
Cette base reçoit le four circulaire en coupe dont le relief est creusé par une gaine de ventilation. Le premier niveau représente les voies de passage des chariots qui servent et desservent en briques le foyer mobile dans le four. Le second niveau, sous les combles, abrite les réserves de charbon et le système d’alimentation du foyer. Le plancher de circulation est constitué de feuilles de placage et toute la structure est en bois.
Bien que l’ensemble ait été affecté par des dégradations relativement légères à l’exception des déformations structurelles importantes, il restait compréhensible.
Il a été nécessaire d’enrayer la déformation du bois autant que possible afin de préserver la structure du four et de procéder à un nettoyage approfondi pour mettre en évidence les différents matériaux et les détails architecturaux de l’ensemble.
On remarquait d’anciennes interventions, notamment quelques surpeints sur des éléments d’architecture, et les dégradations existantes étaient apparemment liées à la nature des matériaux et à leurs réactions dans un lieu de stockage inadapté, mais n’étaient pas d’ordre mécanique.
La dépose du toit a permis d’intervenir sur les feuilles de placage soulevées. Le toit en carton imitant le bitume, était lacunaire sur les bords. Les lacunes ont été comblées avec du carton enduit d’un mélange sable teinté pour se fondre dans l’ensemble.
Différents tests ont été effectués sur le socle de manière à distinguer la couleur originelle. Ils ont permis d’éliminer la couche de crasse et les résidus graisseux.
La restauration de ce grand four « Hoffmann » a été réalisée dans les ateliers de restauration du Musée pendant la rénovation pour le domaine des « Matériaux » de l’exposition permanente où il se trouve aujourd’hui.











