Histoire des lieux
l'encens
et
la vapeur
et
la vapeur
L'époque gothique
LA RÉPARTITION DES TÂCHES
En 1321, Bertrand de Pébrac obtient le priorat de Saint-Martin-des-Champs. Sa probité infaillible le distingue de nombre de ses successeurs ! C’est en effet sur son initiative qu'est rédigé, en 1340, un code des offices du prieuré (1). Ces offices claustraux, pour la plupart, existent dès la fin du XIe siècle, mais on ne les a jamais définis avec un tel souci d’organisation.
La personnalité de Pébrac permet de cerner les motifs qui l'ont poussé à faire établir ce registre. En 1337, il convoque dans sa maison de Noisy les chefs de toutes les communautés relevant de sa tutelle pour leur imposer les règlements de Benoît XII touchant la réforme des moines noirs (2). De 1347 à 1355, il œuvrera en qualité de grand réformateur des sénéchaussées de Languedoc. Quoi d’étonnant dès lors à ce qu’une trame minutieuse et formaliste régisse le code du prieur : le Registre Bertrand est la précision même. Certains détails anecdotiques et pittoresques y racontent le quotidien des moines. Mais la complexité des attributions inhérentes à chaque office, le morcellement des tâches, nuisent à la clarté générale du recueil. Derrière cette intrication apparente se cache pourtant une parfaite application de la règle bénédictine. Ce qui nous paraît mal conçu, désordonné, touffu, c'est au contraire une gigantesque machine dont chaque moine actionne une pièce, sans en jamais pouvoir, à lui seul, maîtriser tous les rouages. Une parade subtile aux dangers de l’individualisme et à la tentation séculière
En 1321, Bertrand de Pébrac obtient le priorat de Saint-Martin-des-Champs. Sa probité infaillible le distingue de nombre de ses successeurs ! C’est en effet sur son initiative qu'est rédigé, en 1340, un code des offices du prieuré (1). Ces offices claustraux, pour la plupart, existent dès la fin du XIe siècle, mais on ne les a jamais définis avec un tel souci d’organisation.
La personnalité de Pébrac permet de cerner les motifs qui l'ont poussé à faire établir ce registre. En 1337, il convoque dans sa maison de Noisy les chefs de toutes les communautés relevant de sa tutelle pour leur imposer les règlements de Benoît XII touchant la réforme des moines noirs (2). De 1347 à 1355, il œuvrera en qualité de grand réformateur des sénéchaussées de Languedoc. Quoi d’étonnant dès lors à ce qu’une trame minutieuse et formaliste régisse le code du prieur : le Registre Bertrand est la précision même. Certains détails anecdotiques et pittoresques y racontent le quotidien des moines. Mais la complexité des attributions inhérentes à chaque office, le morcellement des tâches, nuisent à la clarté générale du recueil. Derrière cette intrication apparente se cache pourtant une parfaite application de la règle bénédictine. Ce qui nous paraît mal conçu, désordonné, touffu, c'est au contraire une gigantesque machine dont chaque moine actionne une pièce, sans en jamais pouvoir, à lui seul, maîtriser tous les rouages. Une parade subtile aux dangers de l’individualisme et à la tentation séculière
(1) Archives nationales, LL 1355.
(2) C’est-à-dire la quarantaine d’abbayes ou de gros prieurés bénédictins implantés dans la région narbonnaise aux XIIIe et XIVe siècles.







